Le Grand dehors, 2007

chorégraphie et conception Emmanuelle Huynh

"Dans le travail, il y a toujours du relief ; je ne parle pas là de la morphologie du travail lui-même, mais plutôt de reste, de relief au sens classique comme on le dit des résidus d’un repas.
 On produit beaucoup de gestes, de tentatives, ce que nous danseurs, nommons improvisations. Et chaque pièce laisse derrière elle son cortège de danses non choisies, non retenues, perdues…

Cependant ces reliefs appartiennent au travail même : j’ai le sentiment qu’ils le façonnent, au même titre, bien qu’invisibles, que tous les gestes retenus pour incarner la pièce !

C’est plonger dans le journal de vie d’une pièce que de se retourner vers cela.


J’ai envie de ce retournement mais pas seulement : je n’entretiens aucun rapport nostalgique ou fétichiste avec ces morceaux de danse.

Mais je me demande aujourd’hui ce que ces danses ont vu que je n’ai pas vu à l’époque. En effet, d’autres gestes, d’autres cris, d’autres transformations, violences ou grâces ont fait le monde à ce moment là. Je suis sûre qu’ils sont entrés dans les gestes mais mon attention ne s’est pas fixée là dessus à ce moment là. J’ai envie de faire résonner ce que je n’ai pas vu hier et qui aujourd’hui figure ou défigure le monde avec intensité. La question de la contemporanéité ne serait alors plus celle de temporalités qui coïncident mais celle du visage d’un événement que nous reconnaissons comme imminent ou présent, inconnu et familier à la fois.


L’été 80 de Marguerite Duras était une commande de Serge July. Le patron de Libération lui a demandé d’écrire sur l’actualité un été durant. Par sa fenêtre de Normandie, la mer, la pluie, un enfant en colonie de vacances et une jeune femme qui l’aime déjà. Conjoints, sur le même plan, en même temps, superposés, juxtaposés, Lech Walesa et les chantiers navals de Gdansk, la famine en Ouganda, l’Afghanistan. Actualité politique et intimité résonnent entre elles : une plage devient politique ou une grève sensuelle et privée !"

 

chorégraphie et conception Emmanuelle Huynh

musique Pierre Jodlowski
scénographie Laurent P. Berger
ateliers d’écriture François Bon
assistant à la conception générale Matthieu Doze
assistante à la dramaturgie Jeanne Revel
lumières Yannick Fouassier
costumes Michelle Amet
fabrication et interprétation Stéphanie Beghain, Nuno Bizarro, François Chaignaud, Emmanuelle Huynh, Marlene Monteiro-Freitas, Joana von Mayer Trindade

Durée : 60 minutes 

Production Compagnie Múa, coproduction Centre national de danse contemporaine Angers, Les Spectacles vivants-Centre Pompidou et l'Ircam - Institut de recherche et coordination acoustique/musique-Centre Pompidou. Avec le soutien technique d’éOle collectif de musique active.


Une première version solo de cette pièce a été créée le 3 juin 2006 à L’Ircam-Centre Pompidou dans le cadre du festival Agora, sur une musique de Pierre Jodlowski et un texte de François Bon.

 

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